Les actualités de la SMLH

46. Un grand soldat vient de s’éteindre

 

Le 4 mai 2020, le général de corps aérien Jean-Paul Arbelet nous a quittés. Agé de 92 ans, il s’est doucement éteint à l’EHPAD de Montfaucon (Lot) où il résidait depuis qu’il avait été victime d’une hémiplégie. Père du Dr Laurent Arbelet. Il s’en est allé discrètement de ce département qu’il avait adopté pour sa retraite dans les années 80 en s’installant à Lunegarde.

Né le 30 novembre 1927 à Paris, il entre dans la résistance à l’âge de 16 ans et, dès la fin de la guerre, il prépare le concours de l’École de l’Air où il est admis avec la promotion 1946 Saint Exupéry. Après une formation de pilote de transport aérien militaire, le lieutenant Arbelet participe activement sur C47-DC3 à la guerre d’Indochine dont il relatera de nombreux épisodes dans le recueil de lettres à son épouse qu’il a publié en 2017 sous le titre : « Correspondance de guerre ». De 1952 à 1954, il se distingue à maintes reprises dans les missions les plus délicates, notamment dans la cuvette de Dien-Bien-Phu où il sera un des derniers pilotes à se poser pour assurer des évacuations de blessés. Blessé lors de son ultime atterrissage le 23 mars 1954, il réussira à ramener son avion et son équipage dont le mécanicien gravement touché. Il termine la campagne d'Indochine avec cinq citations dont une à l'ordre du corps aérien.

Capitaine, il devient moniteur pendant cinq ans au Centre d’instruction des équipages de transport de Toulouse (1954/1959) avant d'être nommé à l'État-major du Groupement des moyens militaires de transport aérien de Villacoublay (1959/1961).

Nommé commandant, il est affecté comme second puis commandant en titre du Groupe de transport et de liaisons aériennes de Villacoublay (1961/1963).

Admis très tôt à l'École supérieure de guerre aérienne (1963/1964), ses qualités intellectuelles lui valent ensuite d'être affecté à l'état-major de l’armée de l’Air (EMAA) au bureau des plans généraux (1965/1967), puis à l'Inspection générale de l’armée de l’Air (1967/1969).

Nommé colonel, il commande de 1969 à 1971 la base aérienne de Saint-Dizier, elle aussi dénommée « Saint Exupéry », puis rejoint encore l'EMAA pour prendre la direction de l'important bureau des programmes de matériels de 1971 à 1973.

Il devient ensuite le commandant du centre des opérations des forces aériennes stratégiques où il obtient ses étoiles de général de brigade aérienne le 01/07/74, il a seulement 47 ans !

De 1976 à 1979, il prend le commandement de la 4ème région aérienne à Aix-en-Provence et obtient sa troisième étoile de général de division aérienne en 1977 à l'âge de 50 ans.

La polyvalence et la qualité de ses services font qu'il est nommé major général de l’état-major des Armées, poste éminent qu'il tiendra de 1979 à 1983, soit un peu plus de quatre ans, avec le grade de général de corps aérien. Homme de caractère, il n'admettra pas l'intrusion souvent désordonnée des conseillers du ministre dans la conduite des opérations (on était alors en pleine guerre au Tchad avec l’opération Manta) et il donne sa démission à l’automne 1983. Il le fait sans bruit, tournant volontairement le dos à une fin de carrière qui aurait pu l'amener au sommet de la hiérarchie.

Il avait choisi avec son épouse, décédée en 2001, de prendre sa retraite dans le Lot. Ils avaient été séduits par notre beau département lors de vacances familiales sur les chemins du Causse à bord d’une roulotte tirée par un cheval. Et c’est sur le Causse, à Lunegarde, qu’il se sont installés. Ils appréciaient la richesse humaine, patrimoniale et florale de ce terroir tout comme la rigueur imposée par la nature des sols, le climat et les conditions de vie. Le général Arbelet s’est beaucoup investi dans la préservation de l’habitat traditionnel, dans la protection des espaces sensibles et dans le développement des chemins de randonnées avant d’être touché par la maladie en 2013 et tenu de résider en l’EHPAD.

Commandeur de l’ordre national du Mérite, croix de Guerre avec 4 palmes, titulaire de médaille de la Résistance, de la médaille des blessés de guerre et de plusieurs autres décorations, le général de corps aérien Jean-Paul Arbelet, a été élevé le 05 janvier 1983 à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur pour la qualité de ses éminents services tant en opérations qu'en unité et en état-major.

Son départ plonge tous ceux qui l’ont connu dans une profonde tristesse car il était la personnification du chef militaire hors du commun, celle de l’homme intègre, épris de justice, droit, rigoureux, cultivé, discret, porteur des valeurs qui font la grandeur d’un être exemplaire. Amoureux de la nature, il a aussi beaucoup agi pour la préservation de notre environnement.

Ses obsèques ont eu lieu dans l’intimité et dans le respect des règles du confinement le samedi 9 mai 2020 à Lunegarde. Dès que les circonstances le permettront, une cérémonie sera organisée afin de lui rendre les honneurs dus à sa personne et à son rang de grand officier de la Légion d’honneur.

Covid-19. Témoignage. Agir « en actes et en vérité »

Philippe Cholous, sociétaire de la Société des membres de la Légion d’honneur (SMLH), est, depuis deux ans, délégué du Comité International de la Croix-Rouge auprès des forces armées et de sécurité en Afrique centrale. Le Covid-19 a bousculé son quotidien, ... >

27. Disparition du dernier combattant Eurois de la 2e DB

Guy Pisani, président de l’amicale de l’Eure de la deuxième division blindée, est décédé le mercredi 29 avril 2020. ... >

 
16. Disparition d’un combattant du débarquement de Provence

Le commandant Cano, commandeur de la Légion d’honneurvient de nous quitter à l’âge de 98 ans ; ses obsèques se sont déroulées le 16 juinà Angoulême.

Tout jeune combattant de l’armée d’Afrique au sein des goumiers marocains, après s’être engagé dès 1941 à l’âge de 19 ans,Pierre CANO participera à la campagne d’Italie suivie des combats de libération de la Corse puis de la France. Il sera notammentdu débarquement de Provence en août 1944. Blessé lors des combats de décembre 1944, il poursuivra néanmoins unecarrière militaire au cours de laquelle il sera engagé dans les conflits d’Indochine et d’Afrique du nord.

Caporal dès 1942, puissergent et sergent-chefen 1943 et 1945, il gravira ensuite progressivement les échelons de la hiérarchie pour être finalementpromu au grade de commandant. À l’issue de trente-deuxans de services militaires, il aura mérité les plus prestigieuses desdistinctionshonorifiques : Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire, Officier de l’ordre nationaldu Mérite, Croix du combattant volontaire, entre autres.

Retraité, il s’impliquera dans l’activité de la SMLH au sein de soncomité comme du conseil de section de la Charente dont il restera membre jusqu’à un âge avancé.

67. Disparition de François Amoudruz, commandeur de la Légion d'honneur

François Amoudruz, commandeur de la Légion d’honneur, est décédé le 21 juillet 2020 à l’âge de 93 ans. En novembre 1943, à 17 ans, alors qu’il était étudiant à la faculté de droit, il fut arrêté par la Gestapo lors de la rafle d’un demi-millier de personnes de l’université de Clermont-Ferrand où s’était repliée l’université de Strasbourg. Suspect car faisant partie d’une unité des Éclaireurs de France dont le chef avait tiré sur un milicien, il fit partie des 130 personnes déportées au camp de Compiègne, puis dans le camp de concentration de Buchenwald en tant qu’opposants au nazisme. Transféré ensuite dans le camp de Flossenburg où il devait fabriquer des carlingues d’avion, il avait réussi à s’évader lors d’une « marche de la mort » en avril 1945 et avait regagné la France, amaigri de 30 kg. Il avait ensuite repris ses études de droit à Strasbourg où il avait fait carrière comme avocat puis dans la banque. Très engagé dans la transmission de mémoire, vice-président de la fondation Pour la mémoire de la Déportation et de l’association des Amis de cette fondation, il témoignait également dans des classes, avec beaucoup d’humanité, très soucieux que cet héritage ne soit ni oublié, ni dévoyé.

C’est un grand homme, passeur de mémoire qui nous a quittés.

31. Disparition de la soprano Mady Mesplé

Mady Mesplé, grand officier de la Légion d'honneur et membre de la section de la Haut-Garonne, est décédée le 30 mai. 

Elle était âgée de 89 ans.

Mady Mesplé a débuté sa carrière à Toulouse, puis elle a chanté à la Monnaie de Bruxelles et à l'Opéra de Lyon où elle brille dans Les contes d'Hoffmann, d’Offenbach. Elle chantera également Les contes d'Hoffmann à Paris, en décembre 1975. Elle a également chanté des airs de compositeurs contemporains, comme Pierre Boulez ou Betsy Jolas.

7516. Disparition de Liliane Esrail, rescapée d’Auschwitz Birkenau

Liliane Esrail, haute personnalité de la section du 16e arrondissement de Paris, est décédée le 1er mai dernier à l’âge de 96 ans.

Sa vie, son parcours exceptionnel et émouvant resteront le symbole de la tragédie du siècle dernier.

Elle était l'épouse de Raphaël Esrail, commandeur de la Légion d'honneur, président de l'Union des déportés d'Auschwitz.

Lors de ses obsèques qui ont eu lieu le 12 mai dernier (Cathédrale Saint Louis des Invalides) le général Christophe de Saint Chamas, gouverneur des Invalides, a retracé le si poignant parcours d'exception de Liliane Esrail et de son mari qui, avant d'être transportés tous les deux dans le même convoi pour Auschwitz, s'étaient rencontrés au camp de Drancy.

 

67. Disparition du professeur Francis Rapp

Francis Rapp, professeur émérite de l’Université de Strasbourg, membre de la section du Bas-Rhin, a été emporté le 29 mars à l’âge de 93 ans par le Covid-19. Grand spécialiste de l’histoire médiévale, du Saint Empire romain germanique, de la Réforme et de l’histoire religieuse en Alsace, brillant chercheur et pédagogue hors pair, il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

 

94. Disparition du neveu du général de Gaulle

Le Père François de Gaulle est décédé le 2 avril dans sa 99e année.

Officier de la Légion d’honneur, il était membre de la section du Val-de-Marne.

Le Père François de Gaulle était né le 13 février 1922 à Montceau-les-Mines (71), et demeurait à l'EHPAD des Pères Blancs à Bry-sur-Marne (94).

Neveu du général de Gaulle, il avait rejoint la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères Blancs) en 1940. Ses études de théologie au séminaire de Thibar en Tunisie avaient été interrompues par la guerre où il avait été incorporé comme aspirant artilleur.

Dans le dernier bulletin de décembre 2019 de la section du Val-de-Marne, il racontait la bataille d'Italie et la remontée vers le Rhin...

En 1950, il devient missionnaire en Haute Volta (Burkina Fasso) où il va passer quarante-cinq ans et où l'on se souvient encore bien de lui et de ses actions notamment en faveur des femmes.

Depuis 2008, il était rentré en France, à la Maison des Pères Blancs de Bry -qu'il avait fait construire alors qu'il était Econome Provincial des Pères Blancs- et participait régulièrement aux activités locales de la section.

 

 

85. Disparition de Jacques Oudin

Jacques Oudin, sénateur de la Vendée de 1986 à 2004, membre de la section, est décédé le 21 mars 2020 à Paris. Il a fait de sa vie un parcours politique exemplaire. Lauréat du Concours général en 1957, diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, ancien élève de l’ENA, il a intégré la Cour des comptes en 1966 puis il a été successivement nommé au Commissariat général du Plan et au ministère de l’Industrie.

Particulièrement reconnu pour son sens de l’Etat, son engagement à servir la France, et sa grande compétence, il a donné une grande partie de sa vie au service de la Vendée et de l’île de Noirmoutier qu’il affectionnait, et où il aimait se retrouver dans la maison familiale avec ses enfants et petits-enfants. Il fut Conseiller général du canton de Noirmoutier en l’Ile de 1976 à 2015.

Il a beaucoup œuvré pour le désenclavement routier de l’île et du département, et il s’est fortement engagé en faveur de la protection du littoral et de la préservation de l’eau. Il fut président du Comité national de l’eau en 2003.

La Vendée perd un de ses grands hommes politiques auquel la section souhaite rendre hommage.

 

92. Disparition

Albert Uderzo, officier de la Légion d'honneur, membre de la section de Neuilly-sur-Seine, est décédé. Il avait 92 ans. 

Coauteur de la bande dessinée Astérix et Obélix, il avait notamment travaillé pour les journaux France-Soir et France Dimanche.

Soutien

La Croix-Rouge lance un numéro de téléphone unique pour du soutien psychologique et un service bénévole de livraison solidaire de première nécessité aux personnes vulnérables et confinées à domicile.

Un seul numéro : 09 70 28 30 00

Décès d'un grand'croix de la Légion d'honneur

Lyonnais, Pierre Truche vient de s’éteindre à 90 ans dans sa ville, la nuit du 20 au 21 mars. Humaniste distingué, il a consacré quarante ans au monde de la Justice. Arras, Dijon, Lyon et Paris ont connu « ce magistrat d’exception » comme le dit l’un de ses successeurs lyonnais, qui l’a accompagné en 1987 lors du procès Barbie, Jean-Olivier Viout. Alliant le sens de l’éthique et celui de la dignité humaine, le souci de déontologie et les droits de l’accusé, Il est considéré comme une figure de la Justice. À la cour d’Appel de Paris, à celle de Cassation qu’il a présidée de 1996 à 1999 et à la Commission nationale de déontologie de la Sécurité, Pierre Truche a toujours su faire preuve d’humilité et de sens de l’engagement. Un ensemble de vertus et de comportements reconnu par la Nation, en lui attribuant la dignité de Grand’croix en 2016.

TOUTES LES BREVES...


Nous sommes le 12-08-2020 et il est 05:03 - V2