Les actualités de la SMLH

Une grande figure des Forces navales françaises libres (FNFL) vient de disparaître

Émile Chaline, né à Brest le 22 février 1922, se destine à devenir officier de Marine en préparant l’École navale. Dans la débâcle provoquée par l’avance inexorable des troupes allemandes, il embarque dès le 18 juin 1940 pour l’Angleterre à bord du paquebot Meknès et débarque à Southampton le 21 juin. Il racontera avoir retrouvé des camarades qui, arrivés peu avant, disent de lui qu’il « a pris le temps de la réflexion » !

Dans les jours qui suivent la signature de l’armistice de Rethondes, le 22 juin, et la fin des combats, le 25 juin, beaucoup de marins et soldats réfugiés sur le sol britannique font le choix de rentrer en France. Une poignée décide de rester après l’Appel du 18 juin du général de Gaulle. Le 1er juillet, le jeune Chaline s’engage à tout juste 18 ans  dans les FNFL et rejoint le vénérable cuirassé Courbet (admission au service actif en 1913, coulé pour servir de brise-lames au large de Sword Beach en 1944) qui a gagné Portsmouth pour intégrer la formation des futurs élèves officiers complétée au Royal Naval College de Dartmouth.

Dès lors, l’aspirant puis enseigne de vaisseau Chaline alterne missions et formations, participant aux escortes durant la bataille de l’Atlantique à bord d’inconfortables corvettes d’origine anglaise, puis aux différents engagements des FNFL, dont le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. À l’issue de la guerre, il participe aux opérations navales en Indochine puis effectue une longue carrière avec des commandements à la mer, dont l’escorteur d’escadre (T 53) La Bourdonnais (ASA en 1958, retrait du service actif en 1977), et l’aviso escorteur Amiral Charner (ASA en 1962, RSA en 1990 avant un transfert à l’Uruguay). Avec la montée en puissance du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) pour les essais nucléaires, les deux commandements se font dans cette zone géographique.

Durant les années 1960, Émile Chaline sert auprès de Georges Pompidou, comme adjoint au chef du cabinet militaire à Matignon de 1967 à 1969. Il suit le nouveau président, de 1969 à 1971. Cette période « polmil » marque l’homme d’origine russe, fils d’un officier marinier à l’arsenal de Brest qui l’a poussé à partir pour l’Angleterre. L’amiral va également connaître des affectations à l’étranger, comme attaché de défense au Danemark et en Norvège (de 1962 à 1965) et attaché naval aux États-Unis (de 1974 à 1977). Formateur dans l’âme, il commande le Centre d’instruction naval de Saint-Mandrier de 1972 à 1974.

Préfet maritime à Cherbourg en 1979-1980, il quitte le service actif le 31 décembre 1981 comme vice-amiral d’escadre, après donc une quarantaine d’années très denses. Il aura connu une Marine ayant beaucoup souffert du déchirement de 1940 et du traumatisme du sabordage de la flotte en novembre 1942. Une marine dont le corps des officiers a été longtemps déchiré par les choix individuels et collectifs faits durant le conflit. Lui a compris que le vichysme n’est pas seulement une catégorie historique, mais aussi un virus du comportement.

À l’issue de sa carrière, l’amiral Chaline poursuit de nombreuses activités, dont la présidence des Anciens des FNFL à partir de 1988. Il sait piloter l’organisation avec habileté pour éviter d’en faire un « cimetière marin » du type Landévennec. Il l’amène à une belle issue le 18 juin 2010, à Londres, à bord de la goélette-école Étoile, dernier navire, avec son sister-ship la Belle Poule, à avoir appartenu aux FNFL.

Homme de caractère, figure de la France libre, il n’a cessé de faire partager son engagement, ses missions, sa volonté aux plus jeunes qui ont pu puiser dans sa longue carrière de quoi espérer dans leur pays.

 

Sources :

Revue de la Défense nationale. 19 mai 2020. Jérôme Pellistrandi

 

Photo : 

Émile Jean Chaline (au centre). Photo : Marine nationale

 

27. Disparition du dernier combattant Eurois de la 2e DB

Guy Pisani, président de l’amicale de l’Eure de la deuxième division blindée, est décédé le mercredi 29 avril 2020. ... >

7505. Le coronavirus n'a pas de frontières, la solidarité non plus.

Philippe Lévêque, chevalier de la Légion d'honneur, sociétaire de la section du 5e arrondissement de Paris, a pris depuis mai 2000 la direction de l'association CARE France ... >

 
Interview de l'amiral Alain Coldefy à l'occasion de la sortie de son ouvrage "Du sel et des étoiles"

A l'occasion de la sortie le 10 septembre dernier de son ouvrage "Du sel et des étoiles" (Editions Favre), l'amiral Alain Coldefy a accordé une interview au magazine Le Point.

Retrouvez l'intégralité de l'article https://www.lepoint.fr/livres/amiral-alain-coldefy-la-mer-nous-ouvre-de-grands-horizons-11-09-2020-2391374_37.php

 

Paris. Disparition d'Edgard Tupët-Thomé compagnon de la Libération

Edgard Tupët-Thomé, grand'croix de la Légion d'honneur, l'un des quatre derniers compagnons de la Libération, est décédé.

Edgard Tupët-Thomé s'engage en 1938 et participe dès septembre 1939 aux attaques en Lorraine, puis à Dunkerque fin mai 1940. Prisonnier puis évadé, il rejoint la Résistance et les Forces françaises libres. Il exécute de nombreuses missions en France et en Angleterre avant d'être parachuté dans le Finistère en août 1944 et poursuit de nombreuses actions de guerre auprès des forces américaines. Il quitte l'armée mi 1945 pour entamer une longue carrière civile, en premier lieu comme administrateur colonial, puis comme responsable dans différentes entreprises.

Il avait 100 ans.

16. Disparition d’un combattant du débarquement de Provence

Le commandant Cano, commandeur de la Légion d’honneurvient de nous quitter à l’âge de 98 ans ; ses obsèques se sont déroulées le 16 juinà Angoulême.

Tout jeune combattant de l’armée d’Afrique au sein des goumiers marocains, après s’être engagé dès 1941 à l’âge de 19 ans,Pierre CANO participera à la campagne d’Italie suivie des combats de libération de la Corse puis de la France. Il sera notammentdu débarquement de Provence en août 1944. Blessé lors des combats de décembre 1944, il poursuivra néanmoins unecarrière militaire au cours de laquelle il sera engagé dans les conflits d’Indochine et d’Afrique du nord.

Caporal dès 1942, puissergent et sergent-chefen 1943 et 1945, il gravira ensuite progressivement les échelons de la hiérarchie pour être finalementpromu au grade de commandant. À l’issue de trente-deuxans de services militaires, il aura mérité les plus prestigieuses desdistinctionshonorifiques : Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire, Officier de l’ordre nationaldu Mérite, Croix du combattant volontaire, entre autres.

Retraité, il s’impliquera dans l’activité de la SMLH au sein de soncomité comme du conseil de section de la Charente dont il restera membre jusqu’à un âge avancé.

67. Disparition de François Amoudruz, commandeur de la Légion d'honneur

François Amoudruz, commandeur de la Légion d’honneur, est décédé le 21 juillet 2020 à l’âge de 93 ans. En novembre 1943, à 17 ans, alors qu’il était étudiant à la faculté de droit, il fut arrêté par la Gestapo lors de la rafle d’un demi-millier de personnes de l’université de Clermont-Ferrand où s’était repliée l’université de Strasbourg. Suspect car faisant partie d’une unité des Éclaireurs de France dont le chef avait tiré sur un milicien, il fit partie des 130 personnes déportées au camp de Compiègne, puis dans le camp de concentration de Buchenwald en tant qu’opposants au nazisme. Transféré ensuite dans le camp de Flossenburg où il devait fabriquer des carlingues d’avion, il avait réussi à s’évader lors d’une « marche de la mort » en avril 1945 et avait regagné la France, amaigri de 30 kg. Il avait ensuite repris ses études de droit à Strasbourg où il avait fait carrière comme avocat puis dans la banque. Très engagé dans la transmission de mémoire, vice-président de la fondation Pour la mémoire de la Déportation et de l’association des Amis de cette fondation, il témoignait également dans des classes, avec beaucoup d’humanité, très soucieux que cet héritage ne soit ni oublié, ni dévoyé.

C’est un grand homme, passeur de mémoire qui nous a quittés.

31. Disparition de la soprano Mady Mesplé

Mady Mesplé, grand officier de la Légion d'honneur et membre de la section de la Haut-Garonne, est décédée le 30 mai. 

Elle était âgée de 89 ans.

Mady Mesplé a débuté sa carrière à Toulouse, puis elle a chanté à la Monnaie de Bruxelles et à l'Opéra de Lyon où elle brille dans Les contes d'Hoffmann, d’Offenbach. Elle chantera également Les contes d'Hoffmann à Paris, en décembre 1975. Elle a également chanté des airs de compositeurs contemporains, comme Pierre Boulez ou Betsy Jolas.

7516. Disparition de Liliane Esrail, rescapée d’Auschwitz Birkenau

Liliane Esrail, haute personnalité de la section du 16e arrondissement de Paris, est décédée le 1er mai dernier à l’âge de 96 ans.

Sa vie, son parcours exceptionnel et émouvant resteront le symbole de la tragédie du siècle dernier.

Elle était l'épouse de Raphaël Esrail, commandeur de la Légion d'honneur, président de l'Union des déportés d'Auschwitz.

Lors de ses obsèques qui ont eu lieu le 12 mai dernier (Cathédrale Saint Louis des Invalides) le général Christophe de Saint Chamas, gouverneur des Invalides, a retracé le si poignant parcours d'exception de Liliane Esrail et de son mari qui, avant d'être transportés tous les deux dans le même convoi pour Auschwitz, s'étaient rencontrés au camp de Drancy.

 

67. Disparition du professeur Francis Rapp

Francis Rapp, professeur émérite de l’Université de Strasbourg, membre de la section du Bas-Rhin, a été emporté le 29 mars à l’âge de 93 ans par le Covid-19. Grand spécialiste de l’histoire médiévale, du Saint Empire romain germanique, de la Réforme et de l’histoire religieuse en Alsace, brillant chercheur et pédagogue hors pair, il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

 

94. Disparition du neveu du général de Gaulle

Le Père François de Gaulle est décédé le 2 avril dans sa 99e année.

Officier de la Légion d’honneur, il était membre de la section du Val-de-Marne.

Le Père François de Gaulle était né le 13 février 1922 à Montceau-les-Mines (71), et demeurait à l'EHPAD des Pères Blancs à Bry-sur-Marne (94).

Neveu du général de Gaulle, il avait rejoint la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères Blancs) en 1940. Ses études de théologie au séminaire de Thibar en Tunisie avaient été interrompues par la guerre où il avait été incorporé comme aspirant artilleur.

Dans le dernier bulletin de décembre 2019 de la section du Val-de-Marne, il racontait la bataille d'Italie et la remontée vers le Rhin...

En 1950, il devient missionnaire en Haute Volta (Burkina Fasso) où il va passer quarante-cinq ans et où l'on se souvient encore bien de lui et de ses actions notamment en faveur des femmes.

Depuis 2008, il était rentré en France, à la Maison des Pères Blancs de Bry -qu'il avait fait construire alors qu'il était Econome Provincial des Pères Blancs- et participait régulièrement aux activités locales de la section.

 

 

85. Disparition de Jacques Oudin

Jacques Oudin, sénateur de la Vendée de 1986 à 2004, membre de la section, est décédé le 21 mars 2020 à Paris. Il a fait de sa vie un parcours politique exemplaire. Lauréat du Concours général en 1957, diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, ancien élève de l’ENA, il a intégré la Cour des comptes en 1966 puis il a été successivement nommé au Commissariat général du Plan et au ministère de l’Industrie.

Particulièrement reconnu pour son sens de l’Etat, son engagement à servir la France, et sa grande compétence, il a donné une grande partie de sa vie au service de la Vendée et de l’île de Noirmoutier qu’il affectionnait, et où il aimait se retrouver dans la maison familiale avec ses enfants et petits-enfants. Il fut Conseiller général du canton de Noirmoutier en l’Ile de 1976 à 2015.

Il a beaucoup œuvré pour le désenclavement routier de l’île et du département, et il s’est fortement engagé en faveur de la protection du littoral et de la préservation de l’eau. Il fut président du Comité national de l’eau en 2003.

La Vendée perd un de ses grands hommes politiques auquel la section souhaite rendre hommage.

 

92. Disparition

Albert Uderzo, officier de la Légion d'honneur, membre de la section de Neuilly-sur-Seine, est décédé. Il avait 92 ans. 

Coauteur de la bande dessinée Astérix et Obélix, il avait notamment travaillé pour les journaux France-Soir et France Dimanche.

TOUTES LES BREVES...


Nous sommes le 22-09-2020 et il est 16:07 - V2